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Essais personnels / Français

Ma sœur

25 septembre 2026 · 6 min de lecture
Deux personnages d’animation souriants, l’un avec un accessoire papillon, l’autre aux cheveux roses et verts, partagent un moment de joie

Aujourd’hui, j’ai envie de parler de ma sœur.

Et rien que d’écrire ma sœur, ça me fait sourire.

Parce que quand on a 11 ans de moins qu’elle, on grandit en disant :

« Je vais le dire à ma sœur. »

« Attends que ma sœur arrive. »

« Ma sœur va te détruire. »

Et oui… elle l’aurait fait.

Ma sœur m’a toujours défendue, toujours protégée, toujours aimée.

Avec elle, j’étais innocente même quand tout prouvait le contraire. J’étais innocente même quand je lui disais moi-même : « Non non, cette fois c’est vraiment moi. »

Elle aurait quand même commencé par me défendre avant de demander ce qui s’était passé.

Parce que c’était ça, ma sœur.

Aujourd’hui, elle a trois enfants, mais je peux quand même dire que j’ai probablement été son premier.

Elle était ma grande sœur, mais parfois aussi un peu ma deuxième maman.

Elle a toujours été organisée, travailleuse, sérieuse…

Et en retard.

Toujours en retard.

Ne me demandez pas comment, mais cette femme pouvait être impossible à réveiller le matin, arriver tard, et malgré tout faire un travail magnifique.

Au collège, on nous avait demandé d’écrire quelques lignes sur une personne que nous admirions, quelqu’un à qui nous voulions ressembler.

Quelques lignes.

Moi, évidemment, j’ai écrit cinq pages sur ma sœur.

Je pensais que seule ma prof allait les lire.

Puis elle lui a donné mon texte.

Et plus tard, ma sœur m’a demandé :

« Tu pensais vraiment tout ça de moi ? »

Oui.

Je le pensais.

Et je le pense toujours.

Quand j’étais petite, ma sœur était la personne à laquelle j’aspirais à ressembler.

Elle m’a appris ce que ça voulait dire d’affronter la vie avec le sourire.

De travailler dur même quand personne ne croit vraiment en toi.

De continuer malgré tout.

De trouver une solution.

Parce qu’elle avait toujours une solution.

Mon père l’appelait « Madame je sais tout ».

Et franchement… il n’avait pas complètement tort.

Ma sœur savait tout.

Ou en tout cas, moi, j’étais convaincue qu’elle savait tout.

Elle m’a fait aimer les sciences. Elle m’a montré que la physique pouvait être amusante. Elle m’a même fait comprendre que les mathématiques n’étaient peut-être pas complètement mes ennemies.

Elle voyait en moi beaucoup plus que ce que je voyais moi-même.

Elle a cru en moi avant même que moi, je sache de quoi j’étais capable.

Et mon Dieu, comme j’aimerais qu’elle puisse se voir à travers mes yeux.

Qu’elle voie à quel point elle est merveilleuse.

À quel point je serais prête à me battre contre le monde entier pour elle.

À quel point elle mérite l’amour, la douceur, la gentillesse et tout ce qu’il y a de beau.

J’aimerais qu’elle puisse se voir comme moi je la vois, ne serait-ce qu’une fois.

Parce qu’elle comprendrait peut-être enfin pourquoi, petite, je voulais lui ressembler.

Ma sœur.

Ma sœur, c’était aussi toutes ces petites choses qu’on oublie parfois.

Elle préférait dormir dans le noir.

Moi, j’avais peur.

Alors elle laissait la lumière allumée pour moi.

Ça paraît tout bête.

Mais pour moi, ma sœur, c’est aussi ça.

Quelqu’un qui accepte un peu d’inconfort simplement pour que toi, tu te sentes en sécurité.

Elle me disait toujours :

« Dis-le-moi avant pour que je puisse me préparer à t’aider. Ne t’inquiète pas, je trouverai une solution. »

Et elle trouvait toujours une solution.

Je rigole souvent en racontant que dès qu’il m’arrivait quelque chose, c’était elle que j’appelais en premier.

Un jour, j’avais besoin d’aller aux urgences.

Elle était à deux heures de route.

Mon père était à vingt minutes à pied.

Qui est-ce que j’ai appelée ?

Ma sœur.

Évidemment.

Je l’ai appelée en pleurant pour lui dire que j’avais besoin d’elle.

Parce que dans ma tête, si ma sœur était là, tout finirait forcément par aller.

Elle saurait quoi faire.

Et effectivement, elle savait.

Comme toujours.

Aujourd’hui, elle a sa propre famille. Elle vit loin. Elle a son mari, ses enfants, ses responsabilités.

La vie a changé.

Mais dès que quelque chose arrive, j’ai encore ce réflexe :

Ma sœur saurait quoi faire.

Et en grandissant, cette pensée a commencé à faire naître une autre question.

Une question qui, parfois, me fait culpabiliser.

Elle, qui appelle-t-elle ?

Quand elle ne sait pas quoi faire, qui est-ce qu’elle appelle ?

Quand elle est fatiguée, quand elle a peur, quand elle a besoin de quelqu’un… vers qui est-ce qu’elle se tourne ?

Parce que moi, j’ai grandi avec cette certitude absolue que je pouvais compter sur elle.

Et parfois je me demande si elle, elle a déjà eu cette même certitude avec moi.

Est-ce que tu sais que tu peux m’appeler ?

N’importe quel jour.

À n’importe quelle heure.

Est-ce que tu sais que je viendrais ?

Que je chercherais une solution ?

Que je me battrais pour toi comme toi tu l’as toujours fait pour moi ?

J’espère que oui.

Et si je ne te l’ai pas assez montré, alors je veux au moins te le dire aujourd’hui :

Je suis là.

Aujourd’hui, c’est ton anniversaire.

Et bien des années avant même que j’existe, l’une des plus belles âmes est venue au monde.

Et quelque part, Allah avait déjà écrit que cette personne deviendrait ma sœur.

Aujourd’hui tu es une épouse.

Tu es une maman.

Et une merveilleuse maman.

Tes enfants savent sûrement déjà à quel point ils ont de la chance.

Mais moi, je veux m’assurer qu’ils sachent aussi qui était leur maman avant eux.

La sœur qui défendait sa petite sœur avant même de connaître l’histoire.

Celle qui savait toujours quoi faire.

Celle qui trouvait toujours une solution.

Celle qui croyait en moi quand moi-même je doutais.

Celle qui me faisait aimer les sciences.

Celle qui laissait la lumière allumée parce qu’elle savait que j’avais peur.

Celle que j’admirais tellement que j’ai écrit cinq pages sur elle alors qu’on m’en demandait quelques lignes.

Et celle que j’admire toujours aujourd’hui.

Alors joyeux anniversaire, ma sœur.

Je demande à Allah de te protéger, de protéger ta famille, de mettre la baraka dans ta vie, ton mariage et tes enfants.

Qu’Il te rende tout le bien que tu as donné autour de toi.

Toute la patience.

Toute la douceur.

Toute la gentillesse.

Tout l’amour.

Et plus que tout, j’espère qu’un jour tu réussiras à te regarder à travers mes yeux.

Parce que si tu pouvais te voir comme moi je te vois, tu comprendrais peut-être enfin à quel point tu es extraordinaire.

Et parmi toutes les choses pour lesquelles je remercie Allah dans ma vie, il y en a une que je ne veux jamais oublier :

Il a fait de toi ma sœur.

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